Il y a quelques semaines de cela, nous avons assisté à un séminaire sur la nanotoxicité, et pas plus tard qu'hier, j'ai reçu mon nouveau numéro de "chemistry news", où un article y est consacré ....je vais tenter de vous restituer l'essentiel du message de façon claire parce que ça vaut le coup! Le monde de la chimie travaille depuis quelques années à développer des structures de plus en plus petites, appelées (vous l'aurez compris) nano-tout-ce-que-vous-voulez; en polymères, il s'agit de fabriquer des nanoparticules. L'un des grands soucis du moment, c'est que tout le monde travaille à développer ces nanostructures, sans que personne ne sache vraiment leur niveau de toxicité. En effet, ces petites particules ne sont pas toxiques à cause de ce qu'elles contiennent, ou de ce qu'elles sont (ce serait trop simple), elles peuvent être toxiques par leur taille. Hum hum, bon là, j'ai la sensation que je suis en train de vous perdre, alors vite, un exemple: il s'agit de l'asbestos, utilisé dans les matériaux de construction. Ce matériau n'est pas toxique dans le sens où il s'agit d'un sel quelconque, par contre, ce composé étant tout petit, "nano", il peut pénétrer dans l'organisme via les voies respiratoires, passer les différents systèmes de filtration et s'accumuler alors dans les poumons, et bon vous imaginez la suite....l'asbestos est un cas de toxicité avéré depuis plusieurs années, et il a été supprimé des matériaux de construction.
Donc pour en revenir à nos moutons, avec l'émergence de toutes ces nanoparticules, une nouvelle discipline s'est créée; il s'agit de la nanotoxicité. Seulement voilà, certaines personnes/industries, n'en ont de toute évidence rien à faire de tous ces menus soucis de toxicité, et ont développé de nouveaux produits cosmétiques à base de C60. Nan partez pas, le C60, c'est une forme de carbone découverte il y a quelques années, c'est la petite molécule représentée sur la photo. Et donc ce truc là, on ne sait pas ce que ça fait sur l'organisme; on ne sait pas à quelle profondeur le C60 peut pénétrer la peau: si il reste dans les couches superficielles et donc peut être "lavé" ou si il est capable de passer les différentes couches de la peau, et pénétrer dans l'organisme, et encore une fois, vous imaginez la suite... donc on peut se dire que ce n'est pas la meilleure idée que de le mettre dans des crèmes de beauté....et bin si, apparemment.
Parce que le C60 possède des propriétés d'antioxidant, qui seraient révolutionnaires pour les peaux de ces dames (d'où je suppose, la modique somme de $250 pour un de ces pots de crème!!!)
Quand il a été demandé aux companies de publier les résultats de leurs tests toxicologiques, personne n'a bronché..... et finalement, c'est dans ces moments là que je me félicite de ne pas avoir un rond à mettre dans ce genre de trucs!!!




















Inutile de vous frotter les mains ou au contraire de quitter le blog, on ne parle du Contrat Première Embauche ici, mais de Chimie Physique Electronique, mon école d'ingénieur en France, dont j'ai honnétement hate de ne plus entendre parler..... pour ceux qui prendraient l'histoire en cours, rapide bilan: au milieu de mon cycle ingénieur, je suis partie faire une année de stage recherche à l'UNH, et au lieu de rentrer en France à la fin et de boucler mon diplome, j'ai décidé d'accepter l'offre de mon labo américain, à savoir rester faire un master à l'UNH, tout en continuant à faire de la recherche pour leur labo, c'est une bourse dite "assistantship". Donc je dois, si tout se passe bien, graduer de mon diplome d'ingé en septembre prochain et du master l'été suivant. Vous suivez?
Ca y est après de longues semaines d'attente, nous avons eu enfin la réponse: BTL a décidé de continuer à financer le projet d'Etienne pour encore un an.....donc Etienne reste avec moi pour encore un an dans le New Hampshire. Un été à maudire les moustiques et l'humidité, un automne à mitrailler de photos les paysages orangés, un hiver à attendre la prochaine tempête de neige qui fera fermer l'université, un printemps à guetter les premiers bourgeons, et...et bin après, c'est la grosse interrogation. 
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